Usciolu – Prati – Capannelle [4/10] 02-06-2010

Notre première « journée double » débute après une nuit froide et très ventée…

Réveil à 4h45 pour une journée prévoyant 12h30 de marche…

Levé de soleil sur la mer

En route à la fraiche à 6h nous profitons d’un superbe levé de soleil, nous enlèverons rapidement nos couche chaleur une fois la crête ensoleillée atteinte au dessus du refuge.

La première partie de cette étape nous fait évoluer quelques hectomètres sur une crête autour des 2000m avant, toujours sur le crête, de redescendre à 1500/1600m.

Ascension à l’aurore

Sentier, soleil et sourires

Le sentier est bon, notre progression est rapide et, sensation agréable après la soirée et l’étape d’hier sur peuplée, nous ne partageons le sentier avec personne…

Nous ne croiseront ce matin que 2/3 groupes venant du nord et marcherons quelques minutes avec un duo de mulets allemands lourdement chargés, mais au pas assuré…

Après ce long passage en crête le GR20 nous fait plonger de quelques centaines de mètres en sous bois, le soleil est déjà chaud ce passage ombragé est le bienvenu…

S’en suit un passage un peu plus technique d’un kilomètre environ nous faisant suivre un itinéraire au milieu de gros blocs de pierres le GR contourne de petits sommets avant de passer sous la punta di Campitello et la punta della Capella.

Cheminement matinal

Un dernier passage en crête, une dernière descente et un bout de sentier herbeux nous mène au refuge de Prati que l’on aperçoit après 4h de marche, sous la punta del Prato.

Ce refuge rénové récemment est désert, seuls les gardiens sont là. Ce doit être le lot de presque tous les refuges, abandonnés en journée et assiégés en soirée.

Sur le coté une belle aire de picnic avec des tables, une source, une belle cabane pour le gaz avec chose incongrue des poubelles urbaines à roulettes, celle que les bennes à ordure peuvent benner…

Arrivée au refuge du Prati (première étape bouclée)

Et tout à coté des tables, chose moins agréable, l’incinérateur fume… Le vent tournant nous profiterons d’une prenante senteur de poubelles brulées durant une bonne partie de notre pause repas…

Les deux allemands arriveront bien après nous, l’un des deux compères souffre d’ampoules…

Durant le repas nos plans de sieste seront remis en cause par l’arrivée d’un épais brouillards… Et finalement une fois nos « lyo » consommés nous reprendrons vite notre chemin…

Repas « senteur incinérateur »

Un kilomètre pour s’échauffer et glisser en pente douce jusqu’à un col à 1870m, de là nous attaquons une descente raide qui nous mène au Col de Verde à 1289m où nous croiserons une route. Nous dévalons les 600m de dénivelé dans le brouillard toujours épais pour passer au Col et laisser le gite d’étape avant d’attaquer une remontée de vallée.

Visibilité réduite

Au fond de la vallée avant d’attaquer un long passage à flanc nous croisons deux promeneuses aux formes plantureuses, appétissantes avec un peu d’imagination…
Ces deux truies « sauvages » que nous croisons – « il parait que ça charge ! » – sont les premiers représentants (exception faite des oiseaux et des lézards) de la faune sauvage…
Jusque là les animaux autochtones se montrent discrets, peut-être bien que l’autre faune, celle bigarrée arpentant le GR20 l’été venu, les a fait fuir depuis longtemps des pentes voisines…

Aspirants saucissons

Le ciel déjà menaçant depuis ce midi nous tombe sur le tête, le ciel s’ouvre, les nuages se déchirent et l’orage nous attrape… C’est la fête des salamandres, une bonne dizaine de ces gros lézards en combinaison néoprène traversent sous nos pieds, pataudes, le sentier devenu humide… « L’ouvreur » signalant la présence de ces animaux nous tenons à rassurer Brigitte aucune salamandre n’a été blessée lors de notre passage.

Attention passage de salamandres

L’orage tout proche (+/-2km), la pluie tombant maintenant drue nous obligeront à revêtir nos superbes tenues de pluie… (cf plus bas pour le « défilé ») Nous marcherons ainsi deux bonnes heures sous une pluie continue. Nous devrons traverser 5 ou 6 rivières grossies par les pluies. L’une d’elles (cannareccia ?) nous demandera quelques bonnes minutes de recherche d’un passage avant de pouvoir la traverser « au sec ».

L’après midi, la journée commence à être longue, enchainer deux étapes dont une sous la pluie est peu motivant… En plus les gens que nous croisons nous donnent des informations contradictoires sur le temps de marche restant… Malgré la météo et l’heure nous croisons encore beaucoup de monde sur le sentier… Ils ne sont pas arrivés… Nous leurs conseillons de s’arrêter au col de Verde, ils nous conseille d’éviter le refuge de Capannelle et de privilégier l’hotel-restaurant-gite que nous verrons en y arrivant, où l’accueil est nettement plus chaleureux…

Le bossu du sentier

Avant l’orage

Collection « après-midi d’orage » 2010

Lucho

Ben

Nico

Atha

Nous contournons un dernier gros mamelon avant de croiser la route et d’entamer la dernière ascension qui nous semblera à tous interminable… A peine 200m de dénivelé mais le soleil perce les nuages, le ciel a retrouvé une teinte bleue et la température est sérieusement remontée… Nous en suons…

Dans les derniers mètres avant l’arrivée, alors même que le gîte est en vue dans un des derniers passages boueux Atha perd une des pointes de ses bâtons, ce bâton devient alors totalement inutilisable…

Au gîte faisant face à quelques mètres aux remontées mécaniques l’accueil est effectivement excellent… Nous camperons sur l’espace camping du gîte, les deux allemands qui arriveront trempés bien après nous passeront eux la nuit au chaud dans le gîte…

Nombre de nos affaires sont mouillées, voire même trempées, nous profiterons des derniers rayons de soleil pour les faire sécher un peu. La douche froide de ce soir est rude pour tout le monde, le soleil s’est maintenant caché et nous n’en profiterons pas pour nous réchauffer… Le repas est servi à 18h30 nous ne serons pas en retard, les batteries sont vides… Les assiettes seront pleines… Un bonne soupe en entrée, à volonté et déjà les corps vont mieux. Le plat principal simple et bon est constitué des deux pavés de polenta l’un de maïs, classique, l’autre de farine de châtaigne et d’une bonne quantité de viande en sauce. Un morceau de fromage et un dessert (une part de tarte à ?) complètent ce repas gargantuesque qui nous permettra demain d’enchainer sur notre deuxième journée double… Le repas sera un peu perturbé pour Luc qui s’est focalisé sur la discussion « proutprout » de la table d’à coté… La petite dame ne parle que de son chien, que l’on imagine tous ridicule…

Polenta, « polenta de châtaigne » et viande en sauce

Le gérant du lieu fort sympathique passera un petit moment à discuter avec nous, il n’est pas d’origine corse, mais est ici depuis bien longtemps (18 ans ?) et aime beaucoup la ville de Bordeaux… Il nous confie discrètement quelques idées politiques… Dans un coin une étagère épicerie nous permettra de nous concocter un petit déjeuner sympathique pour le lendemain, tartines pain-beurre-miel et thé…

Nous nous réfugions dans un couloir du gîte pour une séance d’étirements, bien moins « sexy » que celles des jours précédents faites au soleil sur la terrasse des refuges, nous regagnerons nos tentes froides et humides après avoir rapatrié nos affaires à sécher dans une pièce sanitaire dédiée aux campeurs du gîte…

Sur le fil

Chrono

Étape 1

  • Départ : 6h00
  • Arrivée : 10h50
  • Pauses : ~0h50
  • Temps de marche : 4h00
  • Dénivelé positif : 747
  • Dénivelé négatif : 697
  • Kilomètres : ~11Km
  • Temps topo : 6h30

Étape 2

  • Départ : 12h30
  • Arrivée : 18h15
  • Pauses : ~0h30
  • Temps de marche : 5h15
  • Dénivelé positif : 590
  • Dénivelé négatif : 890
  • Kilomètres : ~16Km
  • Temps topo : 6h00

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